typo ZUM

Zone Utopique Magnifique

sacha béraud, lauren huret, matthieu giralt, magali pomier, nicolas weyrich

Le projet prévoit à la base un travail de préparation réalisée à l’école de Beaux-arts de Bordeaux, une deuxième phase de prise de possession du lieu (hangar 14, alvéole des Beaux-arts) et une troisième phase qui démarre dès le premier jour de l’expo : l’ouverture au public.
Un des point d’origine de notre projet part de l’idée démesurée de Jorge Luis Borges, dans son texte "DE LA RIGUEUR DE LA SCIENCE", de faire une carte échelle 1/1 de la Chine.
Nous proposons un plan expansif, nous proposons de créer un lieu, un espace agrandissable et modulable à l’infini, à une échelle démesurée qui peut dépasser largement celle du bâtiment tout en confrontant les échelles.
Dans un espace de 160m2 pendant les 3 jours, le public pourra visualiser le travail inspiré de J.L Borges à travers des systèmes d’affichage, des projections et des accrochages qui seront définis (et qui évoluerons en permanence) pendant la prise de possession des lieux, cela signifie que la ZUM en terme de perception, d’espace évolue entre le premier et le dernier jour d’exposition.

LA VAGUE ET LA TOUR

matthieu giralt & yves guillo

Pour la ZUM, j’envisage ce plan expansif comme un terrain, un terrain sans limite, qui se déploierait autant en surface qu’en élévation.
Donc comme un terrain en continuel mouvement, comme une vague, qui définit sans arrêt sa propre surface par son incessant flot. Partir du pattern triangle, qui est la base de la modélisation 3D nous permet pour le terrain d’avoir une modulation infinie. Le terrain est expansif à l’infini, et totalement modulable. J’utilise le triangle comme un motif. L’intérêt des triangles, pour moi, est de pouvoir les considérer comme un “Slinky”.
Moment wiki : « Slinky est un jouet en forme de ressort, fait de métal ou de plastique, inventé par l’ingénieur en mécanique Richard James à Philadelphie dans les années 1940. La particularité de ce jouet est qu’il est capable de descendre les marches d’un escalier une fois son mouvement amorcé. »
Yves travaille sur des motifs — plutôt génériques — qu’il extrude pour en faire des «bâtiments ». Là encore, la forme est utilisée comme motif, développ able à l’infini. C’est pour cela que nous proposons une animation qui serait une vision des multiples modulations que pourraient subir ces formes. Un motif de base pourrait donner une énorme quantité de possibilités.

Choix est fait de n’indiquer aucune échelle, tant pour le terrain que pour les extrusions afin de laisser la possibilité de concevoir un rapport à l’espace sans ancrage dans le réel.

Une Zone Utopique Mangeable

marguerite davault et laurène bourgeron

Notre volonté première était de proposer un objet que l’on peut emporter, rapporter chez soi. Une Zone Utopique Mangeable
Nous proposons un plaisir éphémère, un objet généreux par sa qualité, dont les gens pourront emporter un morceau ; à condition qu’ils soient prêts à se mettre en action pour l’obtenir. « Pas de bras pas de chocolat » !
Nous voulons parler de cette volonté d’action.
Après avoir crier « Alerte », il faut se mettre en mouvement et utiliser toutes les propositions.
Notre objet parle aussi de l’enjeu du groupe. Chaque geste compte, dans la construction comme dans la destruction. Notre objet est voué à disparaître.
Un chocolat qui est une forme à laquelle les gens peuvent s’attacher pour y réfléchir et s’ils en ont plus que marre, qu’ils sont à côté de la plaque « de chocolat », ils peuvent juste le manger.
Juste du chocolat, un peu de bonheur en barre !
Le projet a été mené en collaboration avec le Collège expérimental CLISTHÈNE (Bordeaux).

La meute d’oies crie :
au loup !

thomas delord

Le concept de Zone Utopique Magnifique a été créé en réponse à la participation de l’école des Beaux-Arts à Agora cette année. C’est tout d’abord une sorte de nouvel atelier informel où virtualités et réalité ne font l’objet d’aucunes distinctions. C’est une zone, un atelier nomade que l’on définit par atterrissage sur un lieu existant. C’est finalement la suggestion de l’infini créativité par la double qualification du mot zone par utopique et magnifique.

Mais la ZUM est aussi un sigle qui critique lui-même. On ne le prononce jamais comme il s’écrit « zum » mais par amalgame et par nécessité de rapprochement avec quelque chose de connu, « zoom ». Ça devient alors le souci du détail proposant ainsi de voir de plus prêt.
C’est à fortiori la loupe qu’on pose dans une biennale. Mais la proposition plastique ne s’arrête pas là. À l’intérieur de la ZUM il nous est proposé de produire.

Pour ma part je souhaite produire autour de la question de la fin de l’histoire, ce qui est rendu possible grâce au caractère satellitaire de la ZUM. Dans la continuité d’un travail plastique articulé entre édition et sculpture, je souhaite ici utiliser l’objet oie pour fabriquer des volumes en papier. L’objet oie fait l’objet de questions de représentation et d’état de corps. J’ai choisi pour ça de préciser leur attitude physique sculptée à fin d’obtenir une oie au cou tendu le bec ouvert, entre dernier souffle d’agonie (cri d’alerte posthume) et l’orgasme (le but atteint).
Ce n’est pas vraiment une fable que l’on voit, mais plus simplement un clin d’oeil à ceux qui considèrent que les animaux vivent en société, les éthologues, et qu’ils ont leur propre culture.
C’est un cri collectif à la Munch figé de la même manière dans le temps.